Au 27 juillet 2026, dernier bulletin de Santé publique France disponible, la métropole comptait deux cas autochtones de dengue (Tarn, Hérault), un premier cas autochtone de chikungunya (Tarn) et deux cas humains autochtones de virus West Nile (Pyrénées-Orientales, Bouches-du-Rhône). Depuis le 1er mai, 87 cas importés de chikungunya, 261 de dengue et 9 de Zika avaient été recensés. Ces nombres restent limités, mais le signal est en accélération, et il monte à chaque bulletin hebdomadaire. La fin d'été associe retours de voyage, activité vectorielle et demandes de conseil. L'officine ne doit pas transformer ce risque en campagne anxiogène : elle doit trier.
Un signal qui monte chaque semaine
Le moustique tigre est désormais implanté dans plus de 80 départements métropolitains : 81 selon la cartographie officielle du ministère arrêtée au 1er janvier 2026, davantage selon les communications estivales de Santé publique France, soit environ 84 % du territoire métropolitain. Et l'année 2025 a établi un record avec 809 cas autochtones de chikungunya en France hexagonale, un niveau de transmission sans précédent, auxquels s'ajoutaient 30 cas autochtones de dengue et 60 cas humains autochtones de West Nile. Les chiffres cités dans cet article sont datés du 27 juillet 2026 : ils évolueront à chaque bulletin, jusqu'à la fin de la surveillance renforcée, le 30 novembre. C'est précisément pourquoi une donnée nationale figée sert peu : le bon réflexe est hebdomadaire et local.
Les quatre questions du comptoir
Devant une fièvre ou des douleurs apparues pendant l'été, l'équipe peut utiliser un questionnement bref :
- le patient a-t-il voyagé au cours des quinze derniers jours ?
- présente-t-il une fièvre brutale, des douleurs articulaires ou musculaires importantes, une douleur derrière les yeux ou une éruption ?
- observe-t-il des saignements, des douleurs abdominales importantes, des vomissements persistants, une respiration rapide, une somnolence inhabituelle ou une altération rapide de l'état général ?
- une autre personne de son entourage ou de son quartier présente-t-elle des symptômes similaires ?
Ce questionnaire ne pose pas de diagnostic. Il permet d'orienter vers le médecin ou, en présence de signes de gravité, vers une prise en charge urgente.
Le réflexe médicamenteux à sécuriser
En cas de suspicion de dengue, l'Assurance maladie rappelle que la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et d'aspirine est contre-indiquée, en raison du risque hémorragique de la maladie ; le traitement symptomatique repose sur le repos et le paracétamol. Un conseil banal d'ibuprofène, donné sans questionner le contexte, peut donc devenir inadapté. Le protocole interne doit afficher clairement :
- pas d'AINS ni d'aspirine devant une suspicion de dengue ; paracétamol et repos ;
- orientation médicale pour confirmation diagnostique ;
- hydratation et conseil symptomatique uniquement dans le respect des contre-indications et posologies ;
- urgence en cas de chute de la température sous 38 °C avec refroidissement, saignements, douleurs abdominales intenses, vomissements persistants, respiration rapide, malaise ou somnolence inhabituelle.
Construire un rayon de prévention crédible
L'ANSES recommande vêtements longs, amples et clairs, moustiquaires et répulsifs cutanés utilisés selon leurs précautions d'emploi, l'âge et la grossesse. Elle met aussi en garde, de longue date, contre les bracelets antimoustiques, associés à des brûlures et irritations cutanées après contact, particulièrement préoccupants chez les nourrissons et les jeunes enfants, et dont l'efficacité ne dépasse pas le voisinage immédiat du poignet. Cette mise en garde n'est pas une alerte récente : c'est une doctrine établie, à ne pas présenter comme un fait nouveau de 2026. L'assortiment doit être organisé par usage réel plutôt que par promesse marketing :
| Besoin | Réponse officinale |
|---|---|
| Protection cutanée | Répulsif adapté à l'âge et à la situation, avec conseil de durée et d'application |
| Protection du sommeil | Moustiquaire et réduction des entrées de moustiques |
| Réduction des gîtes | Message sur l'élimination des eaux stagnantes |
| Réaction locale simple | Conseil symptomatique après exclusion des signes d'alerte |
| Fièvre ou douleurs évocatrices | Orientation, pas simple vente additionnelle |
Localiser la communication
Une communication nationale générique produit peu de valeur. Chaque officine doit adapter son message aux données régionales et aux bulletins hebdomadaires : nombre de cas, commune concernée, conseils de l'ARS et éventuelles opérations de lutte antivectorielle. Le format le plus utile est une publication courte, « Ce qui change cette semaine dans notre département », accompagnée de trois gestes de prévention et d'un rappel des symptômes nécessitant une consultation.
Les trois indicateurs à suivre jusqu'en novembre
- nombre de conseils répulsifs accompagnés d'une vérification d'âge ou de situation ;
- nombre d'orientations pour fièvre et signes évocateurs ;
- nombre de membres de l'équipe ayant validé le protocole de cinq minutes.
L'enjeu n'est pas de vendre davantage de répulsifs. Il est d'éviter que le rayon de prévention fonctionne sans le filtre clinique du pharmacien.
Protocole 5 minutes
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Prévenir une piqûre, soulager une réaction locale, orienter une suspicion : trois situations, un protocole. PharmaPex tient à jour la veille hebdomadaire des bulletins Santé publique France et le protocole de triage de comptoir, pour que le rayon de prévention ne fonctionne jamais sans le filtre clinique du pharmacien.
Actualisé après chaque bulletin SPF