Le décret n° 2026-299 du 17 avril 2026 a réécrit la traçabilité des dispositifs médicaux pour l'aligner sur le règlement européen. Un détail, à son article 5, concerne directement le titulaire : les règles de traçabilité des dispositifs implantables entrent en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent aux pharmaciens d'officine, le 1er septembre 2026. Le périmètre est étroit — l'officine ne pose pas d'implants — mais l'obligation est réelle, et elle repose sur un statut que beaucoup de titulaires ignorent : celui de distributeur au sens du règlement.

Ce que le 1er septembre déclenche pour l'officine, et ce qui reste à l'hôpital

La traçabilité lourde des implantables — enregistrement de l'implantation et de l'explantation, conservation des données pendant vingt ans après l'explantation, jusqu'à soixante ans depuis l'implantation — incombe aux établissements de santé, aux pharmacies à usage intérieur et aux praticiens qui posent l'implant. L'officine, elle, ne pose rien : elle dispense. Ce que l'article 5 du décret déclenche au 1er septembre, c'est l'application, à la dispensation officinale, des règles de traçabilité et d'identification des dispositifs. Ni plus, ni moins. Il ne s'agit pas de recopier le régime hospitalier.

Vous êtes juridiquement un distributeur, l'ANSM l'a écrit

Le 5 mars 2026, l'ANSM a publié un livret dédié : le pharmacien d'officine est un distributeur au sens du règlement (UE) 2017/745. Ce statut emporte des obligations propres, distinctes de celles du fabricant : vérifier, avant la mise à disposition, le marquage CE, la présence de l'identifiant unique du dispositif (IUD) le cas échéant, un étiquetage et une notice conformes et en français ; assurer la traçabilité en amont (fournisseur) et en aval (patient) ; signaler les incidents graves au titre de la matériovigilance ; conserver les documents de conformité et de traçabilité ; participer aux retraits et rappels. Le dispositif s'identifie en priorité par son IUD, le patient par son identifiant national de santé (INS).

Les rares implantables qui vous concernent réellement

Le périmètre officinal est étroit et concret : dispositifs intra-utérins au cuivre, fils et sutures résorbables, viscosuppléments résorbables, injectables résorbables à base d'acide hyaluronique. La liste précise des dispositifs soumis à traçabilité particulière, et la durée exacte de conservation applicable à la dispensation en officine, doivent être fixées par arrêté : au 5 août 2026, vérifiez sa parution avant d'afficher un chiffre de conservation. Les sources secondaires évoquent un ordre de grandeur de quinze ans à compter de la dispensation, mais ce point n'est pas parfaitement stabilisé dans les textes consolidés. Traitez ces exemples comme illustratifs, pas comme une liste réglementaire arrêtée.

Ce que vous devez faire, et dans quel ordre

  1. Recensez les dispositifs médicaux et implantables que vous dispensez réellement : la plupart des officines n'en ont qu'une poignée.
  2. Mettez en place un registre de traçabilité fournisseur vers patient, avec l'IUD du dispositif et l'INS du patient.
  3. Formalisez une procédure de matériovigilance : qui, dans l'équipe, signale un incident grave à l'ANSM, et sur quelle trace.
  4. Conservez les documents de conformité (marquage CE, notice en français) et de traçabilité ; vérifiez la parution de l'arrêté fixant la liste et les durées.
  5. Vérifiez vos étiquetages et notices : conformes, en français, IUD présent quand il est requis. Un dispositif non conforme ne doit pas être mis à disposition.

Échéance 1er septembre

Savez-vous quels dispositifs vous devez tracer au 1er septembre ?

Le décret 2026-299 fait de vous un distributeur au sens du règlement européen, avec des obligations de traçabilité et de matériovigilance. PharmaPex aide à cartographier les dispositifs concernés, à cadrer le registre fournisseur vers patient et la procédure de signalement.

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Décret 2026-299 · statut distributeur MDR