Vaccination, entretiens, bilans de prévention, TROD : les missions cliniques sont rémunérées et ouvertes à toutes les officines. Pourtant, la Cour des comptes le constate, moins de 12 % d'entre elles réalisent des entretiens pharmaceutiques, et ceux-ci touchent moins de 1 % des patients concernés. Le blocage tient rarement à la volonté du titulaire. Il tient à quatre obstacles très concrets du quotidien, et cet article explique comment les lever.

Des missions ouvertes à toutes les officines, déployées par moins d'une sur huit

Les missions cliniques font désormais partie de l'exercice officinal courant. La Cour des comptes relève que plus de 90 % des officines participent aux campagnes de vaccination saisonnière et que 99 % sont impliquées dans le dépistage du cancer colorectal (Cour des comptes, RALFSS 2025, mai 2025). Ces deux missions ont un point commun : elles s'intègrent au flux du comptoir sans temps dédié. Là où l'acte se cale dans la file, l'adoption est massive.

Le constat s'inverse dès qu'une mission demande un rendez-vous et du temps. Toujours selon la Cour des comptes, moins de 12 % des officines réalisent des entretiens pharmaceutiques, et ces entretiens concernent moins de 1 % de la population cible. Le dispositif du pharmacien correspondant reste embryonnaire, avec 60 déclarations seulement en 2022. L'écart ne traduit pas un déficit de compétence, mais un déficit de mise en oeuvre.

Les données les plus récentes confirment ce mouvement sans le démentir : selon GERS Data, 46 % des pharmacies ont réalisé au moins un accompagnement pharmaceutique en 2025, mais la médiane reste à 9 entretiens par an, signe d'un déploiement réel mais très inégal. Autrement dit, le gisement existe et il est largement ouvert. La vraie question n'est pas de savoir si les missions cliniques ont un intérêt, pour le patient comme pour l'officine. Elle est de comprendre pourquoi celles qui apportent le plus de valeur clinique restent les moins déployées, et comment franchir ce pas sans désorganiser l'équipe.

Quatre freins concrets, ceux que pointe la Cour des comptes

Les obstacles sont connus et documentés. La Cour des comptes met en avant la disponibilité du titulaire, la sous-dotation en personnel, l'inadéquation des locaux, une interopérabilité numérique encore partielle et une articulation insuffisante avec les prescripteurs (Cour des comptes, mai 2025). Ramenés au quotidien d'une officine, ces freins se résument à quatre questions très pratiques.

Identifier les patients éligibles. Repérer dans une patientèle entière les patients sous anticoagulants, les polymédiqués de 65 ans et plus ou les profils concernés par un dépistage suppose de croiser des données que le comptoir ne fait pas remonter spontanément.

Organiser les actes. Un entretien ou un bilan demande un créneau, une trame et un suivi étalé sur l'année, là où une vaccination tient en quelques minutes.

Gérer les démarches administratives et la facturation. Codes actes, pièces à transmettre, comptes rendus, courrier au médecin traitant : chaque mission a son circuit, et une erreur de facturation efface la rémunération de l'acte.

Composer avec plusieurs outils. Logiciel métier, messagerie sécurisée de santé, tableurs de suivi : la dispersion fait perdre le temps que la mission est censée valoriser. À ces quatre freins s'ajoute un cinquième, mouvant : rester à jour, car le cadre conventionnel et réglementaire évolue d'une année sur l'autre.

Ce que change un déploiement organisé : des honoraires récurrents et un parcours patient renforcé

Chaque mission ouvre une rémunération propre, versée par l'Assurance maladie. Un entretien pharmaceutique est valorisé autour de 50 euros par patient et par an la première année, le bilan partagé de médication autour de 65 euros, et l'accompagnement des patients sous anticancéreux oraux jusqu'à 80 euros par an selon le niveau de suivi (convention pharmaceutique 2022-2027 et avenants, Assurance maladie). La vaccination et les TROD sont rémunérés à l'acte. Pris isolément, ces montants paraissent modestes. Rapportés à une patientèle entière et répétés chaque année, ils dessinent un revenu récurrent que peu d'officines captent aujourd'hui.

La valeur ne se limite pas à l'honoraire. Les missions cliniques renforcent le rôle du pharmacien dans le parcours de soins, nourrissent la rémunération sur objectifs de santé publique et fidélisent une patientèle qui revient pour un suivi, pas seulement pour une boîte. Le facteur limitant n'est donc pas l'intérêt de la mission, c'est le temps disponible pour la mener.

"Il faut libérer du temps pharmaceutique pour accompagner le patient."

Valérian Ponsinet, président de la commission Convention et système d'information de la FSPF, 8 avril 2025

C'est exactement le point sur lequel agit PharmaPex. L'outil croise les données de la patientèle pour faire remonter automatiquement les patients éligibles à chaque mission, propose un agenda dédié avec des trames d'entretien prêtes à l'emploi, prépare la facturation en rappelant les codes actes et les pièces attendues, et centralise le suivi dans un seul environnement conforme à l'hébergement des données de santé. Les quatre freins identifiés par la Cour des comptes sont traités là où ils bloquent : le repérage, l'organisation, l'administratif et la dispersion des outils.

Les principales missions activables en officine, leur public et leur statut
MissionPublic concernéRémunérationStatut
Entretiens pharmaceutiques (anticoagulants, asthme, anticancéreux, femme enceinte, opioïdes)patients chroniques concernésenviron 50 € / an la 1re année, jusqu'à 80 € pour l'anticancéreuxEn vigueur
Bilan partagé de médicationpolymédiqués de 65 ans et plusenviron 65 € / anEn vigueur
Vaccinationpublics éligibles du calendrier vaccinalhonoraire à l'acte par injectionEn vigueur
TROD et délivrance sous protocole (angine, cystite)patients symptomatiquesrémunération à l'acte (TROD cystite environ 10 €) plus délivranceEn vigueur
Bilan de préventionâges clés : 18-25, 45-50, 60-65, 70-75 anshonoraire dédiéEn vigueur
Dépistage du cancer colorectalpublics ciblesremise de kit rémunéréeEn vigueur
OSyS, orientation des situations cliniques de premier recours (plaies simples, conjonctivites, brûlures du 1er degré)premier recourshonoraire d'orientation de l'expérimentationTransitoire, généralisation suspendue à décret
Montants indicatifs, publiés par l'Assurance maladie (ameli.fr) et la convention pharmaceutique. OSyS : période transitoire ouverte le 1er janvier 2026.

Par où commencer : quatre actions, dans l'ordre

Cartographier. Première action, mesurer les missions activables sur votre patientèle réelle. Croisez l'âge, les affections de longue durée et les traitements chroniques pour estimer le volume de patients concernés par chaque mission avant d'en ouvrir une.

Prioriser. Commencez par les missions à fort volume et faible friction, vaccination et TROD, qui se calent dans le flux du comptoir. Ouvrez ensuite les missions à temps dédié, entretiens et bilans, là où le gain clinique et financier est le plus élevé.

Sécuriser les prérequis. Chaque mission ouverte suppose une montée en compétence de l'équipe, finançable dans le cadre du développement professionnel continu (DPC), et un espace de confidentialité conforme.

Outiller. Mettez en place le repérage, la planification et la facturation pour que chaque mission tienne dans une journée type sans la désorganiser. C'est la condition pour passer de l'intention à un déploiement durable.

Une échéance se prépare. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (article 63) crée une mission d'évaluation et de prise en charge de situations cliniques de premier recours : plaies simples, conjonctivites, brûlures du premier degré et autres motifs courants. Le dispositif n'est pas encore applicable en droit commun. L'expérimentation OSyS, menée dans quatre régions, s'est achevée le 31 décembre 2025 ; un arrêté du 28 décembre 2025 a ouvert une période transitoire de douze mois, prolongeable jusqu'à dix-huit, à compter du 1er janvier 2026. La généralisation reste suspendue à un décret en Conseil d'État et à un arrêté fixant la liste des situations cliniques concernées (Ordre national des pharmaciens, janvier 2026). Les officines qui auront structuré leurs missions actuelles aborderont cette extension prêtes, plutôt que de la subir.

De l'intention à la routine

Quelles missions sont activables sur VOTRE patientèle ?

PharmaPex croise votre patientèle pour faire remonter les patients éligibles à chaque mission, planifie les actes avec des trames prêtes et prépare la facturation, dans un seul outil conforme à l'hébergement des données de santé.

Estimer mon potentiel missions

Gratuit · à partir de votre patientèle