L'arrêté du 6 août 2026 a été publié au Journal officiel. Il inscrit les deux premiers produits sur la liste, fixe leurs prix, et fait entrer le dispositif en vigueur le 1er octobre 2026, et non le 1er septembre. La date attendue par la profession est confirmée. Il reste sept semaines pour paramétrer.

Réponse courte

À compter du 1er octobre 2026, l'assurance maladie prend en charge deux catégories de protections périodiques réutilisables, la coupe et la culotte menstruelle, pour les assurées de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, dans la limite de deux produits par année civile. Les prix limites de vente sont fixés à 19,00 euros TTC pour la culotte et 15,80 euros TTC pour la coupe. La prise en charge est de 60 pour cent par l'assurance maladie, le ticket modérateur de 40 pour cent relevant des complémentaires, et de 100 pour cent pour les bénéficiaires de la C2S. La délivrance passe exclusivement par le réseau officinal jusqu'au 31 décembre 2028 au plus tard.

Ce qui est confirmé

Le dispositif repose sur deux textes qu'il faut lire ensemble.

Le décret n° 2026-288 du 17 avril 2026, publié au Journal officiel du 18 avril 2026, pose le cadre en application de l'article L. 162-59 du code de la sécurité sociale, lui-même issu de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024. Il limite le champ aux coupes et aux culottes menstruelles, à l'exclusion de toutes les autres protections, réutilisables ou jetables. Il réserve la prise en charge aux assurées de moins de 26 ans et aux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, dans la limite de deux produits par année civile. Son article 2 subordonne la prise en charge à la distribution par le réseau des pharmacies d'officine, jusqu'au 31 décembre 2028 au plus tard.

L'arrêté du 6 août 2026 rend le dispositif opérationnel. Il inscrit les deux premières références, fixe leurs prix et leurs exigences techniques, et fixe son entrée en vigueur au 1er octobre 2026. Les produits référencés doivent être conformes au décret n° 2023-1427 du 30 décembre 2023 relatif à l'information sur certains produits de protection intime, être proposés en conditionnement unitaire et être accompagnés de recommandations de traitement en fin de vie. La distribution couvre la France métropolitaine, les départements d'outre-mer et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Pourquoi cette date compte, et pourquoi ce n'est pas septembre

Le calendrier communiqué au printemps annonçait une entrée en vigueur à la rentrée universitaire 2026, comprise par une partie de la profession comme le 1er septembre. Nous écrivions le 16 juillet que la date officielle était le 1er septembre mais que la profession attendait octobre, faute d'arrêté de référencement publié. L'arrêté du 6 août tranche : ce sera le 1er octobre.

La conséquence pratique est simple. Une officine qui aurait constitué un stock pour début septembre aurait immobilisé de la trésorerie un mois pour rien, sans pouvoir facturer. Une officine qui n'aurait rien préparé dispose désormais d'une date ferme et de sept semaines.

Ce qui change au comptoir

  • Deux codes LPP à créer dans le logiciel de gestion : 1724852 pour la culotte menstruelle, 1719621 pour la coupe menstruelle. Un produit vendu en pharmacie n'est pas remboursable par nature : seule l'inscription sur la liste ouvre le droit.
  • Un contrôle d'éligibilité à deux entrées : l'âge (moins de 26 ans) ou la qualité de bénéficiaire de la C2S. Ce sont deux portes distinctes, la seconde sans condition d'âge.
  • Un compteur annuel : deux produits par année civile et par bénéficiaire, le panachage entre coupe et culotte étant possible. Le dépassement expose à l'indu.
  • Un prix limite de vente : 19,00 euros TTC pour la culotte, 15,80 euros TTC pour la coupe. Le dépassement n'est pas facturable à l'assurance maladie.
  • Un circuit de tiers payant à ouvrir, avec un ticket modérateur de 40 pour cent à recouvrer auprès des complémentaires pour les moins de 26 ans, et une prise en charge intégrale pour les bénéficiaires de la C2S.

Ce qui ne change pas

Les protections jetables, les serviettes lavables et les disques menstruels restent hors du champ. Ils peuvent être vendus, ils ne sont pas remboursables. La prescription médicale n'est pas requise par les textes instruits ici. Aucune mission rémunérée ni honoraire spécifique n'est associé à cette délivrance : la rémunération de l'officine passe uniquement par la marge sur le produit.

Ce qui reste à décider

Trois points restent ouverts, et il serait prématuré de les budgéter.

La liste ne compte que deux références. Le nombre de fabricants qui obtiendront une inscription, et à quelle échéance, n'est pas public. Une liste durablement limitée à deux produits contraindrait l'offre au comptoir et pèserait sur le taux de recours.

L'exclusivité officinale est bornée au 31 décembre 2028 au plus tard, mais la date exacte de sa fin sera fixée par un arrêté ultérieur, qui n'existe pas à ce jour. L'officine dispose donc d'une exclusivité dont la durée réelle est inconnue, entre deux ans et deux ans et quatre mois.

Le prix d'achat des produits référencés n'est pas public. La marge de l'officine sur cette ligne ne peut donc pas être calculée aujourd'hui.

Impact économique : le flux, pas la marge

Il faut être précis sur ce que l'on chiffre. En l'absence de prix d'achat public, on ne peut pas calculer une marge. On peut calculer un flux facturé.

Calcul PharmaPex

Données d'entrée
Population éligible estimée : 6,7 millions de personnes (estimation reprise par la presse, non consolidée par l'administration). Nombre d'officines : 19 990 (Ordre national des pharmaciens, panorama 2025). Prix limites de vente : 15,80 euros TTC la coupe, 19,00 euros TTC la culotte (arrêté du 6 août 2026). Plafond : 2 produits par an et par bénéficiaire (décret n° 2026-288).
Hypothèses
Répartition uniforme des bénéficiaires sur le réseau, ce qui est faux localement mais donne un ordre de grandeur national. Taux de recours testé à 5, 15 et 30 pour cent, faute de tout historique : c'est la variable qui décide de tout, et personne ne la connaît.
Formule
Flux = (population éligible / nombre d'officines) x taux de recours x 2 produits x prix unitaire
Résultat
Taux de recoursBénéficiairesFlux facturé par an
5 %≈ 17530 à 640 € TTC
15 %≈ 501 590 à 1 910 € TTC
30 %≈ 1013 180 à 3 820 € TTC

Base de 335 bénéficiaires potentielles par officine. Fourchette selon le produit délivré : coupe (15,80 € TTC) ou culotte (19,00 € TTC).

Sensibilité
Le résultat varie du simple au sextuple selon le seul taux de recours. Une officine en zone universitaire peut se situer très au-dessus de la moyenne, une officine rurale très en dessous.

Il s'agit d'une simulation de chiffre d'affaires facturé, pas d'un revenu net ni d'une marge. Le prix d'achat n'étant pas public, la marge reste inconnue à ce jour.

La lecture opérationnelle est nette : ce dispositif n'est pas un relais de croissance. C'est une obligation de service, assortie d'une exclusivité temporaire et d'un flux marginal. Le vrai sujet n'est pas le chiffre d'affaires, c'est le coût de non-conformité, à savoir l'indu sur un dépassement de compteur ou un patient non éligible, et le coût de l'immobilisation de stock si le taux de recours reste bas.

Trois situations au comptoir

Une étudiante de 22 ans demande une culotte menstruelle le 2 octobre. Éligible par l'âge. Facturation sur le code 1724852 dans la limite de 19,00 euros TTC, prise en charge à 60 pour cent, ticket modérateur de 40 pour cent auprès de sa complémentaire. Compteur : 1 sur 2 pour l'année civile 2026.

Une patiente de 34 ans bénéficiaire de la C2S demande une coupe menstruelle. Éligible par la C2S, sans condition d'âge. Prise en charge à 100 pour cent, aucun reste à charge. Compteur : 1 sur 2.

Une patiente de 24 ans a déjà eu deux produits en 2026 et en redemande un en novembre. Le plafond annuel est atteint. La vente reste possible, la prise en charge non. Facturer conduirait à un indu.

La check-list du titulaire, d'ici le 1er octobre

  • Créer les deux codes LPP dans le logiciel de gestion et vérifier avec l'éditeur que la mise à jour couvre bien ces références. À faire dès septembre, pas le 30.
  • Vérifier le contrôle d'éligibilité : le logiciel sait-il bloquer au-delà de deux produits par année civile et par bénéficiaire ? C'est le premier risque d'indu.
  • Référencer les produits auprès du grossiste ou du fabricant, en conditionnement unitaire, en vérifiant la conformité au décret du 30 décembre 2023.
  • Calibrer le premier stock au plus juste. Aucun historique de recours n'existe. Un stock dimensionné sur une hypothèse haute immobilise de la trésorerie sur une ligne à marge inconnue.
  • Briefer l'équipe sur les deux portes d'éligibilité et sur le fait que le conseil se donne aussi quand le produit n'est pas remboursable.

Ce que PharmaPex mesurera après le 1er octobre

Ce dossier sera repris à trente jours, soit le 1er novembre 2026, sur quatre indicateurs que nous publierons avec leur méthodologie.

  • Le nombre de références effectivement inscrites sur la liste, contre deux au 11 août 2026.
  • Le taux de référencement réel en officine, mesuré par enquête déclarative auprès des titulaires, avec le nombre de répondants affiché.
  • La fréquence des refus et des rejets de facturation sur les deux codes.
  • Les ruptures d'approvisionnement signalées sur les références inscrites.

Aucun de ces chiffres n'existe aujourd'hui. Nous ne les estimerons pas : nous les mesurerons ou nous ne les publierons pas.

Méthodologie

Ce dossier a été établi le 11 août 2026 à partir des textes publiés au Journal officiel, consultés sur Légifrance. Le taux de prise en charge de 60 pour cent et la prise en charge intégrale pour les bénéficiaires de la C2S ont fait l'objet d'une double vérification sur deux sources indépendantes du texte. La population éligible de 6,7 millions est une estimation reprise par la presse, non consolidée par une source administrative : elle est utilisée comme ordre de grandeur et signalée comme telle dans le calcul. Le prix d'achat des produits n'étant pas public, aucune marge n'est calculée.

Avant le 1er octobre

Deux codes LPP à créer, un compteur annuel à tenir

Le premier risque de cette mesure n'est pas le chiffre d'affaires, c'est l'indu sur un dépassement de compteur ou un patient non éligible. Le module Conformité suit les échéances et les points de contrôle associés.

Voir le module Conformité Calculer mon potentiel

Échéances datées · Sources primaires