L'arrêté du 28 juillet 2026 a été publié au Journal officiel le 2 août. Il abroge le texte fondateur de 2024, confirme le pharmacien parmi les effecteurs, rend le plan personnalisé de prévention central, et prend effet le 1er octobre 2026. La rémunération ne bouge pas : 30 euros. La vraie question n'est donc pas ce que ça rapporte, c'est combien de temps ça coûte.
Réponse courte
À compter du 1er octobre 2026, les rendez-vous de prévention sont régis par l'arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel du 2 août 2026, qui abroge celui du 28 mai 2024. Le pharmacien d'officine demeure effecteur et facture 30 euros en métropole, 31,50 euros dans les DROM, sous le code acte RDP, une seule fois par personne et par tranche d'âge, sans majoration. Les quatre tranches restent 18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans. Un seul acte complémentaire est facturable en sus. Le plan personnalisé de prévention, remis au patient, devient la pièce centrale du dispositif.
Un même texte, trois dates. Ne les confondez pas
Ce dossier illustre une distinction que nous appliquons systématiquement, et qui fait ici toute la différence.
- 28 juillet 2026 : date de signature. C'est le nom officiel du texte sur Légifrance.
- 2 août 2026 : date de publication au Journal officiel, numéro 0179. C'est sous cette date que la presse professionnelle le désigne, ce qui explique que vous puissiez lire « l'arrêté du 2 août ».
- 1er octobre 2026 : date d'entrée en vigueur, seule qui vous concerne. Elle n'est pas écrite en toutes lettres dans le texte : celui-ci prend effet le premier jour du deuxième mois suivant sa publication.
Autrement dit, un même arrêté circule sous deux noms, et la seule date opérationnelle n'est explicitement écrite nulle part. Rien de ce qui suit ne s'applique avant le 1er octobre.
Le piège de sigle qu'il faut lever tout de suite
Deux missions coexistent avec des noms proches et des montants très différents. Les confondre fausse tout calcul.
- Le rendez-vous de prévention, objet de ce dossier, aussi appelé « Mon bilan prévention » : 30 euros, code RDP, quatre tranches d'âge, une fois par tranche.
- Le bilan partagé de médication, souvent abrégé BPM : 65 euros la première année puis 30 euros les suivantes, destiné aux patients polymédiqués. C'est une autre mission, un autre public, un autre honoraire.
Ce qui change au 1er octobre
- Le plan personnalisé de prévention devient la pièce centrale. Le professionnel établit pendant l'entretien un document centré sur les thématiques identifiées comme prioritaires, et le remet au patient. C'est le principal apport du nouveau texte : le dispositif passe d'un entretien à un parcours documenté.
- Les masseurs-kinésithérapeutes deviennent effecteurs, aux côtés des médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens. Le pharmacien n'est plus dans un cercle de quatre mais de cinq.
- Les codes acte sont distincts par profession : RDP pour le pharmacien, RDV pour les médecins et sages-femmes, RDI pour les infirmiers et masseurs-kinésithérapeutes. Vérifiez que votre logiciel utilise bien RDP.
Ce qui ne change pas
Le tarif. Trente euros en métropole, 31,50 dans les DROM, sans majoration possible. Les quatre tranches d'âge. La règle d'un entretien par personne et par tranche. Et la possibilité de facturer un seul acte complémentaire en sus, lorsque l'entretien en révèle le besoin : une vaccination ou la remise d'un kit de dépistage du cancer colorectal.
Il n'y a donc aucune revalorisation. Le nouveau cadre demande un livrable plus formalisé pour le même honoraire.
Ce que ça rapporte vraiment
C'est ici que le sujet mérite d'être posé autrement. La question n'est pas « combien rapporte un bilan » mais « combien de temps de pharmacien ce revenu mobilise ».
La frontière : à partir de quand la mission cesse de couvrir son coût
La question utile n'est pas « cette mission est-elle rentable », qui n'a pas de réponse universelle. Elle est : à partir de quelle durée l'entretien cesse-t-il de couvrir le coût horaire du professionnel qu'il mobilise ? Cette frontière se calcule, et elle dépend d'un chiffre que vous êtes seul à connaître, votre coût horaire chargé.
| Votre coût horaire chargé | Bilan seul (30 €) | Avec vaccination sans prescription (37,50 €) | Avec vaccination sur prescription (39,60 €) |
|---|---|---|---|
| 25 €/h | 72 min | 90 min | 95 min |
| 30 €/h | 60 min | 75 min | 79 min |
| 35 €/h | 51 min | 64 min | 68 min |
| 40 €/h | 45 min | 56 min | 59 min |
| 45 €/h | 40 min | 50 min | 53 min |
Durée maximale d'entretien au-delà de laquelle l'honoraire ne couvre plus le coût horaire du professionnel mobilisé. Calcul PharmaPex : durée d'équilibre = honoraire / coût horaire x 60. Honoraires : arrêté du 28 juillet 2026 et convention pharmaceutique (faits canoniques PharmaPex).
Trois lectures en découlent, et aucune n'est un verdict.
Dans la fourchette de durée annoncée, la mission couvre son coût pour la plupart des coûts horaires plausibles. À 40 euros de l'heure chargés, l'équilibre se situe exactement à 45 minutes, soit la borne haute annoncée par l'assurance maladie. En dessous de cette durée, le rendement direct est positif.
La marge de manœuvre est étroite et se referme par le haut. Passer de 45 à 60 minutes fait tomber le rendement de 40 à 30 euros de l'heure. Or le plan personnalisé, que le nouveau cadre rend central, pousse dans cette direction. C'est le paramètre à surveiller, pas le tarif.
L'acte complémentaire déplace la frontière de onze à quinze minutes. C'est le seul levier de rendement du dispositif, et il est facultatif : il ne se facture que si l'entretien en révèle le besoin. Une officine qui l'identifie systématiquement quand il est justifié travaille avec une marge de durée sensiblement plus confortable.
Reste une question que ce calcul ne tranche pas, parce qu'elle n'est pas comptable. À 40 bilans par mois, la mission mobilise 320 heures par an, soit environ 20 % d'un équivalent temps plein. Couvrir son coût horaire n'est pas la même chose qu'être le meilleur emploi de cette heure : le comparateur pertinent n'est pas zéro, c'est ce que la même heure produirait ailleurs. Nous n'avons pas de donnée publiée permettant de chiffrer cette alternative, et nous ne l'inventerons pas.
Ce qui reste à vérifier avant d'écrire une procédure
Le statut exact des transmissions du plan personnalisé demande une lecture du texte intégral. L'arrêté prévoit un document remis au patient, qui peut être versé au dossier médical partagé et transmis au médecin traitant. Plusieurs reprises professionnelles décrivent ces transmissions comme obligatoires sauf opposition du patient. La différence n'est pas rhétorique : elle détermine si votre procédure doit prévoir un envoi systématique par messagerie sécurisée, avec le temps que cela suppose, ou une transmission au cas par cas.
Nous signalons l'écart plutôt que de trancher. Vérifiez avant de bâtir votre organisation dessus.
La check-list du titulaire, d'ici le 1er octobre
- Vérifier le code acte dans le logiciel. RDP pour le pharmacien. Les codes RDV et RDI appartiennent à d'autres professions.
- Chronométrer un entretien réel, plan personnalisé compris. C'est la seule donnée qui décide de la rentabilité, et elle est propre à votre organisation.
- Préparer un gabarit de plan personnalisé avant le 1er octobre. Le rédiger de zéro à chaque fois est ce qui fait basculer l'entretien de 30 à 45 minutes.
- Vérifier l'espace de confidentialité et le créneau où le pharmacien peut s'absenter du comptoir sans désorganiser la délivrance.
- Identifier l'acte complémentaire pertinent selon la saison : la vaccination en automne, le kit de dépistage colorectal le reste de l'année. Un seul est facturable.
- Ne pas confondre avec le bilan partagé de médication dans le suivi d'activité : deux missions, deux honoraires, deux publics.
Ce que PharmaPex mesurera
- Au 1er novembre 2026, à trente jours de l'entrée en vigueur : la durée réelle d'un entretien plan personnalisé compris, mesurée par enquête déclarative auprès des titulaires, avec le nombre de répondants affiché.
- La part des officines ayant réalisé au moins un rendez-vous de prévention depuis le nouveau cadre.
- Le nombre de rendez-vous de prévention facturés par les pharmaciens, dès que l'assurance maladie le publie par profession.
- La fréquence de l'acte complémentaire, qui est le seul levier de rendement du dispositif.
Aucun de ces chiffres n'existe aujourd'hui pour l'officine. Nous les mesurerons ou nous ne les publierons pas.
Méthodologie
Ce dossier a été établi le 12 août 2026 à partir de l'arrêté du 28 juillet 2026 publié au Journal officiel du 2 août 2026, consulté sur Légifrance, et des modalités publiées par l'Assurance maladie à destination des pharmaciens. Le calcul de rendement est reproductible à partir des deux seules données d'entrée citées, l'honoraire et la durée indicative. Le temps de rédaction du plan personnalisé n'est pas compté faute de donnée publiée, ce qui rend les durées annoncées minimales. Le statut exact des transmissions est signalé comme à confirmer plutôt qu'affirmé.
Arbitrage de temps, pas de revenu
Trente euros l'entretien : combien de temps pouvez-vous y consacrer ?
Le rendement d'un rendez-vous de prévention dépend entièrement de sa durée. Le module Missions cliniques recense les missions rémunérées, leurs conditions et leurs échéances, pour arbitrer sur des chiffres plutôt qu'à l'intuition.
Échéances datées · Sources primaires