La loi Neuder a été promulguée le 27 juillet 2026 et publiée au Journal officiel le lendemain. Le pharmacien d'officine peut désormais mesurer la pression artérielle : c'est acquis, et c'est inscrit dans la loi. Ce qui ne l'est pas : le décret d'application, et la rémunération, entièrement renvoyée aux négociations conventionnelles. Ce dossier suit ce chantier depuis avril et sera mis à jour à chaque étape.
Réponse courte
Depuis la publication au Journal officiel du 28 juillet 2026 de la loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026, le pharmacien d'officine est légalement compétent pour mesurer la pression artérielle dans une démarche de prévention des risques cardio-neuro-vasculaires, dans les conditions définies par le code de la santé publique. Cette compétence est ajoutée aux missions du pharmacien et assortie d'une exception à l'exercice illégal de la médecine. Les modalités pratiques restent à préciser par décret et la rémunération est renvoyée aux négociations conventionnelles : à ce jour, aucun montant n'est acquis.
La chronologie, de la proposition à la promulgation
- 7 avril 2026. L'USPO met sur la table un catalogue de missions pour 2026-2027, dans lequel figure le dépistage de l'hypertension artérielle.
- 8 avril 2026. La proposition de loi est adoptée à l'unanimité. Nous écrivions alors que le périmètre officinal se déplaçait, et que la rémunération n'était pas acquise.
- 1er juillet 2026. Réunion d'une commission mixte paritaire, les deux chambres n'étant pas parvenues à un texte identique.
- 20 juillet 2026. La commission mixte paritaire aboutit à un texte commun.
- 27 juillet 2026. Promulgation de la loi n° 2026-668.
- 28 juillet 2026. Publication au Journal officiel. C'est la date qui fait foi pour l'entrée en vigueur du texte.
- À venir. Textes d'application, puis négociation conventionnelle sur la rémunération. Aucun calendrier public.
Quatre mois séparent l'adoption de la promulgation, avec une commission mixte paritaire au milieu. C'est la raison pour laquelle nous n'avons jamais écrit, en avril, que le dispositif était opérationnel.
Ce que nous avions écrit en avril, et ce qui s'est produit
Le 10 avril, nous chiffrions la rémunération à « zéro euro certain, avec une fourchette de 5 à 25 euros possible ». Quatre mois plus tard, la loi est promulguée et la rémunération reste à zéro euro certain : elle est renvoyée aux négociations conventionnelles, qui n'ont pas abouti.
Nous notons aussi une erreur de cadrage de notre part : plusieurs de nos articles d'avril parlaient de « loi adoptée » sans préciser qu'une adoption en séance n'est pas une promulgation, et qu'une commission mixte paritaire pouvait encore modifier le texte. La distinction n'était pas cosmétique : elle valait quatre mois et un compromis parlementaire. Ce dossier la porte désormais explicitement.
Ce que la loi change concrètement
- Une compétence, pas un protocole. Le pharmacien peut mesurer la pression artérielle. Le texte ne définit ni le parcours, ni les critères d'orientation, ni le contenu du compte rendu : ils relèveront des textes d'application.
- Une exception à l'exercice illégal de la médecine. C'est la disposition juridiquement structurante : sans elle, la mesure dans une démarche de dépistage serait contestable.
- Les masseurs-kinésithérapeutes obtiennent la même compétence. L'officine n'est pas le seul lieu de cette mesure, ce qui pèsera dans la négociation tarifaire.
Ce qui ne change pas, et ce qu'il ne faut pas budgéter
Aucun acte n'est facturable à ce titre aujourd'hui. Une mesure réalisée maintenant relève du conseil, pas d'une mission rémunérée. Les montants évoqués lors des expérimentations passées allaient de quelques euros pour une mesure isolée à plusieurs dizaines d'euros lorsqu'elle s'inscrivait dans un accompagnement complet : cette dispersion indique l'ampleur de ce qui reste à négocier, elle ne préfigure aucun tarif.
Nous ne publierons de chiffrage économique que lorsqu'un tarif existera. Toute projection de chiffre d'affaires sur cette mission serait aujourd'hui une projection sur une inconnue.
Ce que l'officine peut faire dès maintenant
- Vérifier son équipement et son espace de confidentialité. Ce sont les deux prérequis que tout futur cahier des charges reprendra, quel que soit le tarif.
- Ne pas recruter ni investir sur cette mission. Le droit est acquis, le modèle ne l'est pas.
- Surveiller la publication des textes d'application, qui déterminera l'éligibilité et le contenu de l'acte.
- Rattacher la mesure à ce qui existe déjà, notamment le rendez-vous de prévention, dont le nouveau cadre entre en vigueur le 1er octobre 2026 et qui est, lui, rémunéré.
Ce que PharmaPex mesurera
- La date de publication des textes d'application, et le délai réel entre promulgation et applicabilité.
- L'ouverture, ou non, d'une négociation conventionnelle sur la rémunération, et le tarif retenu s'il est arrêté.
- Le périmètre finalement fixé : mesure isolée ou accompagnement, et critères d'orientation vers le médecin.
Ce dossier sera mis à jour à chacune de ces étapes, sans effacer les versions précédentes.
Méthodologie
Ce dossier consolide sept articles publiés entre le 7 et le 18 avril 2026 sur le même événement. Cinq d'entre eux partageaient la même intention et ont été fusionnés ici puis redirigés ; deux, portant sur des périmètres distincts, ont été conservés et sont liés ci-dessous. La chronologie a été établie le 12 août 2026 à partir de la loi promulguée et de sa reprise par l'Ordre national des pharmaciens. Les modalités et la rémunération sont signalées comme non décidées plutôt que projetées. Nos propres imprécisions d'avril sur la distinction entre adoption et promulgation sont signalées dans le corps du dossier.
À lire aussi
- OSyS, tension artérielle, diabète : 4 missions à monétiser maintenant, qui replace cette compétence dans l'ensemble des missions en discussion.
- Le catalogue de missions que l'USPO négocie pour 2026-2027, qui documente l'origine syndicale de la demande.
- Rendez-vous de prévention : le nouveau cadre au 1er octobre, la mission de prévention qui, elle, est rémunérée.
Droit acquis, tarif inconnu
Suivre ce dossier jusqu'au décret, sans le budgéter trop tôt
La compétence est inscrite dans la loi depuis le 28 juillet 2026. Le tarif, lui, dépend d'une négociation qui n'a pas commencé. Le module Conformité suit les échéances réglementaires avec leur date d'effet et leur source.
Dates d'effet · Sources primaires