Le chiffre d’affaires du réseau officinal atteint 49,6 milliards d’euros sur les douze mois à fin juillet 2026, le plus haut niveau de la série publiée par GERS Data depuis 2014. Depuis janvier pourtant, les officines n’écoulent pas une unité de plus : leurs volumes reculent de 0,1 %, et la hausse de 4,5 % de leur chiffre d’affaires vient tout entière de la valeur des produits, portée par des médicaments très chers dont la marge réglementée cesse d’augmenter au-delà de 1 930 euros HT. Cet état des lieux, adossé aux 50 indicateurs vérifiés de l’observatoire du marché PharmaPex, montre où la valeur se crée, où elle se perd, et quels leviers ne dépendent pas du prix des médicaments.

Le marché officinal 2026 en huit chiffres

49,6 Md€

de chiffre d’affaires pour le réseau sur douze mois, à fin juillet 2026

GERS Data

−0,1 %

d’unités vendues depuis janvier, quand le chiffre d’affaires progresse de 4,5 %

GERS Data

28 %

du chiffre d’affaires HT des remboursables sur ordonnance réalisé par les médicaments de plus de 1 930 € HT, pour 0,1 % des volumes

GERS Data

97,65 €

de marge réglementée au maximum par boîte, quel que soit le prix au-delà de 1 930 € HT

Calcul PharmaPex sur le barème officiel

−1 284 M€

de baisses de prix des médicaments en ville projetées pour 2026

GERS Data

27,57 %

de taux de marge brute moyen en 2025, contre 28,34 % en 2024

Conseil de gestion pharmacie

245

fermetures d’officines recensées en 2025

Ordre national des pharmaciens

26 %

des pharmacies ont mené au moins un rendez-vous de prévention de janvier à juillet 2026, contre 85 % pour le test rapide d’angine

GERS Data, panel SOG Now

En 2026, le marché officinal croît en valeur, pas en volume

De janvier à fin août 2026, le chiffre d’affaires des officines progresse de 4,5 % sur un an quand le nombre d’unités vendues recule de 0,1 %, selon GERS Data. Sur douze mois glissants, le réseau atteint 49,6 milliards d’euros. Cette croissance est portée par la prescription, et notamment par les médicaments de plus de 1 930 euros HT : ils représentent 28 % du chiffre d’affaires HT des médicaments remboursables sur ordonnance pour 0,1 % des volumes. Au-delà de ce prix, la marge réglementée de l’officine n’augmente plus et plafonne à 97,65 euros HT par boîte. En 2025, sur le panel du Conseil de gestion pharmacie, le taux de marge brute est passé de 28,34 % à 27,57 % du chiffre d’affaires, et la marge en valeur n’a progressé que de 2,75 %, deux fois moins vite qu’un chiffre d’affaires en hausse de 5,62 %.

Un record de chiffre d’affaires, sans unité vendue en plus

Le réseau n’a jamais autant vendu depuis le début de la série de GERS Data, en 2014. Le chiffre d’affaires toutes taxes comprises de l’ensemble des officines atteint 49,6 milliards d’euros sur les douze mois à fin juillet 2026, contre 48,4 milliards d’euros sur l’année 2025 et 35,8 milliards d’euros en 2020, soit 35 % de plus en cinq ans. Ces montants viennent de GERS Data, l’offre de données du Groupement pour l’élaboration et la réalisation de statistiques (GERS), qui les a présentés lors de son atelier virtuel du 9 septembre 2026, diapositive 3.

L’année en cours raconte autre chose. De janvier à fin août 2026, le chiffre d’affaires progresse de 4,5 % sur un an, mais les volumes reculent de 0,1 %. La prescription gagne 5,0 % en valeur et le conseil 2,4 %, d’après la diapositive 7 de la même présentation. Chaque unité délivrée ou vendue vaut donc, en moyenne, plus cher qu’un an plus tôt. Pour la prescription, ce n’est pas l’effet d’une hausse des prix, puisque ceux des médicaments remboursables baissent : c’est un déplacement des délivrances vers des traitements plus coûteux.

Valeur contre volume, de janvier à fin août 2026, sur un an

Chiffre d’affaires de la prescription

+5,0 %

Chiffre d’affaires total du réseau

+4,5 %

Chiffre d’affaires du conseil

+2,4 %

Unités vendues par le réseau

−0,1 %
Source : GERS Data et GIE GERS, atelier virtuel du 9 septembre 2026, diapositive 7, ventes des officines toutes taxes comprises, cumul à la semaine 35. Voir l’indicateur dans l’observatoire du marché.

28 % du chiffre d’affaires sur 0,1 % des boîtes : la mécanique des médicaments très chers

Le moteur de cette croissance porte un nom dans les tableaux de GERS Data : les produits onéreux. De janvier à août 2026, les officines ont acheté pour 4 535 millions d’euros de médicaments dont le prix fabricant dépasse 1 930 euros HT, soit 10 % de plus qu’un an plus tôt. Ils représentent 28 % du chiffre d’affaires HT des médicaments remboursables sur ordonnance pour 0,1 % des volumes, d’après la diapositive 19. Leur poids a été multiplié par 2,2 en cinq ans, de 2 933 millions d’euros en 2020 à 6 323 millions d’euros en 2025.

Le seuil de 1 930 euros n’a rien d’arbitraire. C’est la dernière borne du barème de la marge réglementée du pharmacien, fixé par l’arrêté du 4 août 1987 relatif aux prix et aux marges des médicaments remboursables. Ce barème applique un coefficient à chaque tranche du prix fabricant hors taxes : le coefficient décroît de tranche en tranche, puis tombe à zéro au-delà de 1 930 euros.

La marge réglementée d’une boîte, selon son prix

Calcul PharmaPex

Données d’entrée
Barème de l’annexe I-2 de l’arrêté du 4 août 1987, en vigueur depuis le 1er janvier 2020, appliqué à la partie du prix fabricant hors taxes comprise dans chaque tranche : 10 % jusqu’à 1,91 €, 7 % jusqu’à 22,90 €, 5,5 % jusqu’à 150 €, 5 % jusqu’à 1 930 €, 0 % au-delà.
Hypothèses
Marge dégressive lissée seule, hors taxe : sans les honoraires de dispensation, qui sont forfaitaires, sans les remises commerciales et sans la TVA.
Formule
0,10 × 1,91 + 0,07 × (22,90 − 1,91) + 0,055 × (150 − 22,90) + 0,05 × (1 930 − 150) = 97,65 € HT
Résultat
Prix fabricant HTMarge réglementéePart du prix
10 €0,76 €7,6 %
100 €5,90 €5,9 %
1 000 €51,15 €5,1 %
1 930 €97,65 €5,1 %
5 000 €97,65 €2,0 %
20 000 €97,65 €0,5 %

Le plafond de 97,65 € HT est atteint à 1 930 € ; le prix peut ensuite décupler, la marge ne bouge plus.

Sensibilité
Une boîte à 20 000 € HT rapporte la même marge réglementée qu’une boîte à 1 930 € HT, soit 0,49 % de son prix. Le stock, lui, s’achète au prix total.

Calcul reproductible sur le barème officiel. Les honoraires de dispensation, fixes, s’ajoutent quel que soit le prix du médicament.

Médicaments de plus de 1 930 € HT : poids dans les ventes, poids dans les boîtes

Part du chiffre d’affaires HT des médicaments remboursables sur ordonnance

28 %

Part des volumes de ces mêmes médicaments

0,1 %
Échelle de zéro à cent pour cent. Source : GERS Data et GIE GERS, atelier virtuel du 9 septembre 2026, diapositive 19, achats des officines de janvier à août 2026. Voir l’indicateur dans l’observatoire du marché.

Des baisses de prix qui s’accélèrent en 2026

Le deuxième frein est administratif. Les baisses de prix publiées au Journal officiel réduisent la valeur de chaque boîte, donc la part de la marge proportionnelle au prix. D’après l’outil Mediprim de GERS Data, présenté en diapositive 25, les baisses publiées à fin juillet 2026 représentent 1 284 millions d’euros en ville sur l’année 2026, au prix fabricant hors taxes, contre 1 003 millions d’euros dans le même calcul pour 2025, soit 28 % de plus. Les génériques sont les plus touchés, avec 195 millions d’euros de baisses contre 75 millions d’euros l’an dernier : 2,6 fois plus.

Ces montants ne mesurent pas la perte de l’officine : ils valorisent la baisse au prix fabricant, et la marge n’en perd qu’une fraction. Ils pèsent en revanche sur les remises commerciales, calculées en part du prix fabricant : à taux de remise inchangé, un générique moins cher rapporte moins d’euros de remise.

La marge : un taux qui recule, une valeur qui progresse deux fois moins vite

Les comptes 2025 confirment l’effet de ciseau. Sur le panel du Conseil de gestion pharmacie, qui réunit 1 905 officines pour les exercices clos en 2025, le chiffre d’affaires moyen atteint 2 656 100 euros hors taxes, en hausse de 5,62 %. Le taux de marge brute, lui, recule de 28,34 % à 27,57 % du chiffre d’affaires hors taxes, soit 0,77 point de moins. Ce panel comptable est plutôt composé de grandes officines : ses moyennes ne décrivent pas tout le réseau.

La marge en valeur, recalculée sur le même panel

Calcul PharmaPex

Données d’entrée
Panel du Conseil de gestion pharmacie, exercices clos en 2025 : chiffre d’affaires moyen en hausse de 5,62 %, taux de marge brute de 27,57 % du chiffre d’affaires hors taxes contre 28,34 % en 2024.
Hypothèses
Même panel sur les deux exercices, marge brute rapportée au chiffre d’affaires hors taxes.
Formule
(1 + 5,62 %) × (27,57 ÷ 28,34) − 1 = +2,75 %
Résultat
La marge brute en valeur progresse de 2,75 % quand le chiffre d’affaires gagne 5,62 % : deux fois moins vite.
Sensibilité
Interfimo mesure 2,9 % sur son propre échantillon : les deux sources convergent.

Calcul reproductible à partir de trois chiffres publiés par le Conseil de gestion pharmacie. Ce n’est pas une donnée d’officine individuelle.

« La marge brute évolue d’environ 2,9 % en 2025 »

L’excédent brut d’exploitation (EBE) retraité progresse de 3,5 % en 2025, après deux années de baisse, selon Interfimo. La rentabilité tient donc, au prix d’un effort de gestion : la marge progresse moins vite que l’activité qui la produit. Les honoraires de dispensation, qui ne dépendent pas du prix des médicaments, n’ont pas pris le relais et reculent de 0,07 % en 2025 sur le panel du Conseil de gestion pharmacie.

Un réseau qui se resserre, un marché de la cession qui tient

Le maillage recule. L’Ordre national des pharmaciens recense 19 990 officines au 1er janvier 2026, contre 20 242 un an plus tôt, soit 252 de moins. Il a compté 245 fermetures en 2025, transferts et changements de propriétaire exclus ; l’écart entre deux recensements annuels n’étant pas un décompte des fermetures, les deux chiffres ne se recoupent pas exactement. Interfimo relève par ailleurs 144 procédures collectives, soit 7,2 pour 1 000 officines.

La transmission, elle, résiste. Interfimo compte 1 407 cessions en 2025. Les prix se lisent en multiple de l’excédent brut d’exploitation retraité : 5,8 fois pour les officines de moins de 400 000 euros de marge, 6,9 fois entre 400 000 et 550 000 euros, 7,9 fois au-delà de 1 million d’euros. Plus l’officine est grande, plus elle se vend cher au regard de ce qu’elle dégage.

L’organisation du réseau a changé elle aussi. Selon GERS Data, 91 % des officines adhèrent à un groupement ou à un groupement d’intérêt économique, et selon Xerfi, les groupements financiarisés rassemblent 32 % des officines pour 42 % du chiffre d’affaires national. Adhérer à un groupement financiarisé ne dit rien de la détention du capital, réservée aux pharmaciens. Les repères détaillés figurent dans l’observatoire des groupements.

IndicateurValeurPériodeSource
Officines en France19 990au 1er janvier 2026Ordre national des pharmaciens
Fermetures recensées2452025Ordre national des pharmaciens
Pharmaciens titulaires23 947au 1er janvier 2026Ordre national des pharmaciens
Pharmaciens inscrits75 731au 1er janvier 2026Ordre national des pharmaciens
Procédures collectives1442025Interfimo
Cessions d’officines1 4072025Interfimo
Multiple de l’EBE, marge au-delà de 1 million d’euros7,9 fois2025Interfimo

Chaque valeur est reprise, avec le lien vers son document source, dans l’observatoire du marché PharmaPex.

Les leviers qui ne dépendent pas du prix des médicaments

Les missions : une diffusion à deux vitesses

Le panel SOG Now de GERS Data mesure la part des pharmacies qui ont réalisé chaque acte au moins une fois. De janvier à juillet 2026, 96 % des pharmacies ont remis au moins un kit de dépistage du cancer colorectal, 87 % ont prescrit et réalisé au moins une vaccination, 85 % ont réalisé au moins un test rapide d’orientation diagnostique de l’angine et 85 % de la cystite. À l’inverse, 46 % seulement ont conduit au moins un entretien pharmaceutique ou un accompagnement, 38 % un entretien femme enceinte, 33 % une téléconsultation et 26 % un rendez-vous de prévention, selon la diapositive 36.

Part des pharmacies ayant réalisé chaque acte au moins une fois, de janvier à juillet 2026

Kit de dépistage du cancer colorectal remis

96 %

Vaccination prescrite et réalisée par le pharmacien

87 %

Test rapide d’orientation diagnostique de l’angine

85 %

Test rapide d’orientation diagnostique de la cystite

85 %

Entretien pharmaceutique ou accompagnement

46 %

Entretien femme enceinte

38 %

Téléconsultation

33 %

Rendez-vous de prévention

26 %
Une mesure de diffusion, pas de volume : une officine comptée peut n’avoir réalisé l’acte qu’une fois. Source : GERS Data et GIE GERS, atelier virtuel du 9 septembre 2026, diapositive 36, panel SOG Now, distribution numérique en cumul au 31 juillet 2026. Voir l’indicateur dans l’observatoire du marché.

Selon la lecture de PharmaPex, les actes réalisables au comptoir, sans rendez-vous, se sont diffusés, quand ceux qui demandent un créneau dédié, un espace de confidentialité ou un équipement restent minoritaires. Chaque acte a pourtant un tarif conventionnel. Selon l’Assurance Maladie, un test rapide sans délivrance d’antibiotique est rémunéré 10 euros TTC en métropole, l’injection d’un vaccin non soumis à prescription obligatoire 7,50 euros, celle d’un vaccin soumis à prescription 9,60 euros, et un bilan partagé de médication 65 euros la première année.

La vaccination montre le potentiel restant. Près de 69 % des vaccinations antigrippales ont été réalisées en officine d’octobre 2025 à début janvier 2026, selon GERS Data. Mais à la fin de la campagne 2025-2026, la couverture n’atteignait que 56,7 % chez les personnes de 65 ans et plus, et 49,6 % pour l’ensemble des personnes à risque, sous l’objectif de 75 % rappelé par le ministère chargé de la santé.

Biosimilaires et génériques : la substitution comme levier

Sur les biomédicaments que le pharmacien peut substituer, la pénétration des biosimilaires est passée de 45 % en janvier 2025 à près de 80 % en janvier 2026, selon l’Assurance Maladie. Tous biosimilaires confondus, substituables ou non, elle atteint 56,5 % en août 2026, contre 52,4 % en décembre 2025, d’après la diapositive 31 de GERS Data. Depuis le 1er septembre 2026, le dispositif « tiers payant contre génériques » s’applique aussi aux biosimilaires et aux hybrides substituables : le patient qui refuse la substitution perd le tiers payant, sauf mention « non substituable » médicalement justifiée, rappelle l’Assurance Maladie. Les quatre situations de comptoir sont détaillées dans notre dossier sur le tiers payant contre biosimilaires.

Pour les génériques, la pénétration atteint 87,4 % de janvier à août 2026, contre 86,4 % sur l’année 2025 selon GERS Data, au-dessus de l’objectif conventionnel de 85 %. Cet objectif s’apprécie officine par officine et conditionne la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP), comme le précise la convention nationale.

« Les officines dont le taux moyen de substitution n’atteint pas 85 % ne peuvent bénéficier de la ROSP « Bon usage des produits de santé » »

Cette rémunération dépend donc d’un taux que chaque titulaire peut lire dans ses propres délivrances. Côté commercial, le plafond légal des remises est de 40 % du prix fabricant hors taxes pour les génériques et les hybrides, et de 20 % pour les biosimilaires, depuis le 1er janvier 2026 selon les dispositions transitoires de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Le taux moyen réellement obtenu sur les génériques était de 23 % en 2024, pour 55 000 euros de remises commerciales par officine et par an en moyenne, toutes remises confondues, selon l’Inspection générale des affaires sociales et l’Inspection générale des finances. Le détail des textes figure dans notre dossier sur le plafond des remises.

Le conseil progresse deux fois moins vite que la prescription

Le conseil gagne 2,4 % depuis janvier, contre 5,0 % pour la prescription. Les produits du premier recours, achetés avec ou sans ordonnance, pèsent 20,8 % du chiffre d’affaires de l’officine et 41,8 % des volumes vendus, selon le baromètre NèreS 2025. Sur cette part de l’activité, l’assortiment, la présentation en rayon et le conseil de l’équipe relèvent directement de l’officine.

Titulaire, adjoint, repreneur, groupement : ce qui change pour chacun

Pour le titulaire, le taux de marge global ne suffit plus à juger la gestion : il baisse mécaniquement avec le poids des médicaments très chers. La marge se lit par famille de produits, et le besoin de trésorerie mérite un suivi rapproché quand ces délivrances augmentent.

Pour le pharmacien adjoint et le préparateur en pharmacie, les missions déjà diffusées, tests, vaccination et dépistage, reposent sur l’équipe au comptoir. Les entretiens et les rendez-vous de prévention, encore minoritaires, sont la prochaine marche : ils demandent surtout du temps dédié et une organisation.

Pour le futur repreneur comme pour le titulaire cédant, les prix se négocient en multiple de l’excédent brut d’exploitation retraité, de 5,8 à 7,9 fois selon la taille d’après Interfimo. À chiffre d’affaires égal, deux officines peuvent valoir des montants très différents selon leur marge, donc selon la part de médicaments très chers dans leurs ventes.

Pour les groupements, qui rassemblent 91 % des officines, la négociation des génériques et des biosimilaires comme l’appui au déploiement des missions sont les terrains où l’échelle compte. Le réseau compte 23 947 titulaires et 75 731 pharmaciens inscrits à l’Ordre au 1er janvier 2026 : ces moyennes nationales ne remplacent pas les chiffres de chaque officine, elles donnent le cadre dans lequel les lire.

Les échéances réglementaires qui pèsent sur la marge, de septembre 2026 à 2027

  • Depuis le 1er septembre 2026, le tiers payant contre génériques s’étend aux biosimilaires et aux hybrides substituables, selon l’Assurance Maladie.
  • À compter du 1er octobre 2026, les médicaments à service médical rendu (SMR) faible prescrits pour une affection de longue durée ne sont plus exonérés du ticket modérateur, en application du décret n° 2026-285 du 16 avril 2026. Notre dossier sur les médicaments à quinze pour cent en détaille les effets.
  • En 2027, deux mesures ont été présentées par GERS Data lors de son atelier du 9 septembre 2026 : une baisse du minimum de marge des grossistes-répartiteurs à compter du 20 janvier 2027, en diapositive 21, et une baisse des taux de remboursement des médicaments à SMR modéré et faible à compter du 1er janvier 2027, en diapositive 22. Le Radar PharmaPex les suivra sur leur texte officiel.

Comment ces chiffres ont été vérifiés

Chaque chiffre de cet article provient du magasin de faits de PharmaPex, le même qui alimente l’observatoire du marché. Chaque valeur y porte sa source, sa période, sa date de publication et sa date de vérification ; toutes ont été relues le 30 septembre 2026 sur le document cité. Les données de GERS Data viennent de la rediffusion publique de l’atelier virtuel du GIE GERS du 9 septembre 2026, citée à la seconde près pour chaque diapositive. Deux valeurs sont des calculs PharmaPex, étiquetés comme tels et reproductibles : la marge réglementée maximale par boîte, tirée du barème officiel, et l’évolution de la marge en valeur sur le panel du Conseil de gestion pharmacie. Les périmètres diffèrent d’une source à l’autre : GERS Data couvre le réseau, le panel comptable du Conseil de gestion pharmacie est plutôt composé de grandes officines, et Interfimo travaille sur ses dossiers de cession.

Ce que vous devez faire, et dans quel ordre

Action 1 : Mesurer la part des médicaments très chers dans vos ventes, ce trimestre

Isolez les délivrances dont le prix fabricant dépasse 1 930 euros HT et comparez leur poids à la moyenne nationale de 28 % du chiffre d’affaires HT des remboursables sur ordonnance. Au-dessus, votre taux de marge global sera mécaniquement plus bas que celui d’une officine comparable. Ce n’est pas un défaut de gestion, et il faut le savoir avant de comparer vos ratios à ceux d’un panel.

Action 2 : Chiffrer les missions que vous ne réalisez pas encore, avant la fin de l’année

Partez des écarts les plus nets : 26 % des pharmacies ont mené au moins un rendez-vous de prévention et 33 % une téléconsultation, contre 85 % pour le test rapide d’angine. L’audit de marge cachée de PharmaPex estime, à partir de votre profil, les missions rémunérées que votre officine ne capte pas encore, avec des tarifs officiels et un résultat en fourchette.

Action 3 : Suivre chaque mois quatre indicateurs

Le premier est votre taux de substitution générique, qui doit rester au-dessus de 85 % pour la rémunération sur le bon usage. Le deuxième, votre taux de pénétration des biosimilaires, se rapproche des 56,5 % observés en août 2026 sur l’ensemble du réseau. Le troisième est la part des médicaments de plus de 1 930 euros HT dans vos ventes, le quatrième votre taux de marge par famille de produits. Les repères nationaux sont tenus à jour, avec leur source, dans l’observatoire du marché PharmaPex.

Radar réglementaire

Les textes qui touchent votre marge, surveillés pour vous

Baisses de prix, taux de remboursement, remises, marges de la distribution : le Radar PharmaPex suit les textes, vérifie leur date d’effet sur la source primaire et vous alerte par courriel à la publication d’un nouveau dossier vérifié ou d’une révision importante. Les dossiers restent gratuits et publics.

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